Translate

vendredi 10 mars 2017

Yacouba Sylla : «J'ai envie de me stabiliser»

Yacouba Sylla (Montpellier)
Après l’avoir croisé sur les terrains, nous retrouvons Yacouba Sylla dans la salle dédiée aux interviews du centre Bernard Gasset, à Grammont. Le milieu malien du MHSC (26 ans) nous y attend, accoudé à un comptoir, visiblement à l’aise dans un environnement qu’il a retrouvé début février (après son retour de la Coupe d’Afrique des Nations) et qu’il ne connaissait pas il y a encore quelques mois. Emballé par ce qu’il découvre dans l’Hérault depuis le début de la saison, même s’il aurait aimé obtenir un temps de jeu plus conséquent, le joueur prêté par Rennes est en quête de «stabilité». Et n’exclut pas de poursuivre l’aventure à Montpellier...

Un mois après votre retour de la CAN, avez-vous digéré cette déception ?
On n’a pas le choix, on doit digérer et vite se replonger dans la suite de la saison avec nos clubs respectifs. C’est une grosse désillusion, parce qu’on avait les moyens de mieux faire dans cette compétition. On a manqué de réussite, c’est comme ça. Dans chaque compétition, il faut un victorieux et des déçus. On fait partie des déçus. J’espère que ça nous servira pour la suite de nos carrières internationales.
Comment faire pour se replonger dans le quotidien d’un club ?
Je suis revenu ici avec un autre état d’esprit. Partir en sélection m’a permis de voir autre chose, de me ressourcer. C’est un autre climat, une autre atmosphère. Je suis revenu avec de la fraîcheur et la perspective de bien faire les choses, aider le club à remplir ses objectifs. Une fois que j’ai terminé la CAN, j’ai tout de suite contacté le coach, pour lui dire que j’étais bien sain et sauf (rires). J’ai eu quatre ou cinq jours de repos, mais c’est suffisant. Ça m’a permis de récupérer assez rapidement.
L’été dernier, vous êtes arrivé à Montpellier pour gagner du temps de jeu. L’objectif n’est pas rempli ?
Je n’étais pas en difficulté à Rennes. Je sortais d’une saison à 25 matchs (23 toutes compétitions confondues, ndlr), en ayant été blessé pendant deux mois. Mais il s’est passé des choses que je n’ai pas digérées. C’est pour ça que j’ai voulu partir.
De quoi parlez-vous ?
J’en parlerai peut-être un jour. Tout se passait bien avec le coach, j’étais le joueur le plus utilisé de la préparation. Mais sur la première journée j’étais sur le banc, sur la deuxième j’étais hors du groupe... Ça veut bien dire qu’il y a quelque chose qui clochait. C’est le fonctionnement d’un club de foot. Je me suis toujours bien entendu avec les clubs dans lesquels j’ai joué, mais parfois, il y a des choses que tu ne comprends pas et il faut aller voir ailleurs sans se poser de question. Le foot, c’est comme ça, on ne peut pas plaire à tout le monde. Il faut tourner la page.
Tourner la page, c’était justement votre intention en venant ici.
Je ne regrette jamais rien. Être footballeur professionnel, c’est un privilège. Je n’ai pas le temps de me laisser prendre par des émotions. Le club a des objectifs et on fera le point plus tard, quand ce sera le moment.
Comment expliquer que Frédéric Hantz ne vous ait pas plus utilisé (10 matchs sur la première partie de saison, pour 1 but marqué) ?
J’ai été blessé pendant deux mois (à la cuisse, entre le 21 octobre et le 17 décembre, ndlr) et il y a eu la CAN en début d’année. Mais le seul match sur lequel j’ai joué à mon poste, c’était contre Nice. Je trouve ça dommage. J’ai aussi joué ailier droit, un poste auquel je n’avais jamais joué dans ma carrière. Mais je ne lui en veux pas, parce que le groupe était assez réduit et il a dû faire du bricolage. Et puis, c’est lui qui m’a fait recruter. Le fait d’être sur le terrain, c’était une opportunité pour moi. Tant qu’on te met sur un terrain, tu te dois de tout donner.
Vous a-t-il expliqué pourquoi il vous utilisait à ce poste ?
Non... Parfois, il ne faut même pas poser de question. J’ai vu plusieurs championnats, plusieurs coachs, et je sais que les gens ont des visions différentes des choses. Il faut faire avec. Mais j’ai appris que j’allais jouer à ce poste la veille du match et je sais que ce n’est pas normal.
Que pensez-vous de l’arrivée de Jean-Louis Gasset cet hiver ?
Il maîtrise son sujet, il sait ce qu’il dit et il arrive à garder tous les joueurs concernés. C’est un coach expérimenté, il a travaillé avec des grands joueurs et, pour moi, il n’a rien à prouver. C’est un grand monsieur. Il a le respect de tout le monde et ça se voit sur le terrain. On joue d’une façon différente et, pour le moment, ça nous réussit.
On a effectivement l’impression que son arrivée a amené un surplus de motivation chez les joueurs…
Il a une façon de captiver les joueurs qui est différente. Il est expérimenté et il sait comment toucher les joueurs. Dans son discours, il n’est pas long et il sait ce qu’il dit. Il amène beaucoup de fraîcheur.
On dit souvent qu’il a ramené « l’esprit Paillade »… C’est quoi, « l’esprit Paillade » ?
«L’esprit Paillade», c’est de ne rien lâcher, être agressif, marquer son territoire à domicile, être accrocheur, faire mal dans les duels... »
Des choses qu’il vous manquait ces derniers mois ?
Oui, c’est une certitude ! Son arrivée nous a beaucoup impactés là-dessus.
Y a-t-il mieux à jouer que le maintien pour le MHSC, sur cette fin de saison ?
Il faut rester ambitieux. Le résultat final reflètera ce qu’on produira sur le terrain chaque week-end. Dire qu’on veut ceci ou cela, ce ne sont que des paroles. Tout le groupe veut jouer plus haut, être plus libéré et atteindre de gros objectifs. C’est stressant de jouer le maintien. Le haut de tableau, c’est captivant. J’espère qu’on atteindra notre objectif et qu’on passera une fin de saison captivante.
Quel est cet objectif ?
Finir le plus haut possible ! (rires)
Personnellement, qu’est-ce que l’arrivée de Gasset a changé pour vous ?
Il connaît les qualités de tous les joueurs, il sait comment les utiliser. Est-ce que ça m’a motivé ? Je me lève chaque matin pour travailler fort et dur, donner le meilleur de moi-même. Le coach met des consignes en place et je dois les exécuter pour donner satisfaction.
C’est une motivation que vous aviez perdu en fin d’année dernière ?
Non, pas du tout ! J’ai une ligne de conduite, c’est de travailler pour moi. Peu importe le coach, peu importe l’équipe, ma carrière n’appartient qu’à moi et le travail que je fais, c’est pour moi avant tout. À un moment donné, ça va payer.
Justement, votre carrière arrive à un tournant, votre prêt prenant fin en juin. Savez-vous ce que vous ferez ensuite ?
Pas du tout.
Avez-vous un souhait ?
J’ai envie de me stabiliser.
Ça veut dire que vous comptez rester ici ?
On verra à la fin de la saison...
Avez-vous déjà eu des discussions avec les dirigeants ?
Non... Pour le moment, on ne m’a rien dit. Mais je ne me pose pas de question, ce n’est pas mon travail. La seule chose que je peux dire, c’est que je ne suis pas inquiet par rapport à ma situation. On verra. Les cartes ne sont pas entre mes mains.
Mais votre choix est fait ?
Je ne dis pas que mon choix est fait, je ne confirme rien... Tout dépendra de ce que le club voudra faire...
Qu’en sera-t-il si vos dirigeants viennent vous voir avec l’intention de vous garder ?
Ce sera différent, mais tant que le club ne vient pas vers moi... Je suis bien ici, certes, mais on ne m’a encore rien dit.
Avez-vous des nouvelles du Stade Rennais ?
Oui, je suis encore en contact avec certains coachs. Je suis parti en bons termes avec tout le monde.
Pourriez-vous envisager d’y retourner ?
Je ne sais pas...
Vous paraissez très confiant concernant votre avenir…
Je ne m’inquiète pas pour la suite. Je suis dans un très bon club, avec des bonnes personnes. Quand il s’agira de parler, on le fera ensemble, mais il faut qu’ils sachent que je suis bien ici.
Que peut-on vous souhaiter pour la fin de saison ?
Tout ce que je souhaite, c’est qu’on atteigne nos objectifs et qu’on fasse une très bonne fin de saison. Je dis ça sincèrement ; je veux bien terminer le championnat. Mon cas passera après, mais je ne suis pas inquiet. Vous devez trouver ça bizarre, mais je ne suis pas inquiet du tout !

Par Jules AUTEF
Enregistrer un commentaire