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dimanche 5 mars 2017

Châteauroux : Cheick Traoré à vitesse grand V

Cheick Traoré (Châteauroux)
Cheick Traoré a très rapidement été adopté à la Berrichonne. Avec Cheick sur le terrain, la Berrichonne est quasiment assurée de gagner. En tout cas, le latéral droit est un titulaire indiscutable.
Les habitués du stade Gaston-Petit l'ont tous remarqué. Celui qui fêtera ses 22 ans à la fin du mois de mars (le 31) est un habitué des longs rushs sur son côté droit. Sa vitesse de pointe et sa générosité sur le terrain font de ce latéral droit moderne, un des acteurs de l'animation offensive castelroussine. Avec 6 ou 7 passes décisives – «toutes compétitions confondues», précise le natif de Paris – Cheick Traoré est assurément un atout dans le jeu de la Berrichonne cette saison.
Pour autant, le jeune défenseur ne découvre pas le poste. «Je joue latéral droit depuis ma saison en 19 ans nationaux lorsque j'ai été à Sedan», explique-t-il. À seulement 21 ans, Traoré a déjà roulé sa bosse. Après des débuts en région parisienne, à Pierrefitte (Seine-Saint-Denis), il a joué au Paris Saint-Germain entre 12 et 13 ans. Mais il n'a pas été retenu dans le club de la capitale et a dû s'aguerrir à Sannois-Saint-Gratien (Val-d'Oise) avant de s'expatrier à Sedan (Ardennes). «Mais je suis arrivé l'année où le club a déposé le bilan (2012), raconte Traoré. J'ai rebondi à Caen où j'ai été stagiaire pro pendant deux ans en jouant surtout en CFA2. Puis j'ai signé mon premier contrat professionnel avant d'être prêté à Avranches la saison dernière. »
«Toujours l'équipe qui a le plus envie qui s'impose»
En National, le latéral droit dispute vingt-sept matchs dont le retour face à la Berrichonne avec l'équipe de Damien Ott qui s'était imposée (2-0). «L'été dernier, je me suis retrouvé en fin de contrat et Châteauroux m'a fait une offre que j'ai acceptée (un an plus deux années supplémentaires en cas de montée en Ligue 2). J'avais d'autres clubs de National et certains de Ligue 2 sur les rangs mais ça prenait trop de temps. Et puis, ici, il y a des structures professionnelles semblables à celles que j'ai connues à Caen. Jouer de nouveau en National, ça ne me dérange pas, du moment que je progresse. Le club avait aussi un objectif ambitieux qui me permet de m'en fixer personnellement mais aussi collectivement. »
Avec Yannick Mboné et Alexandre Raineau qu'il avait côtoyés au Stade Malherbe – «Notamment lorsqu'ils redescendaient avec l'équipe réserve (CFA2) » – Cheick Traoré s'est rapidement adapté à ses nouvelles conditions de travail. «Le fait qu'ils soient là m'a aidé, c'est certain, j'avais déjà quelques repères. On m'a vite mis à l'aise, c'est comme si j'avais déjà joué une saison entière avec mes nouveaux coéquipiers, s'étonne encore aujourd'hui le latéral droit. Je me plais bien ici, je suis même très bien. » Un large sourire traverse le visage du jeune homme. Un signe évocateur pour cette saison 2016-2017 qui doit sourire à la Berri. «Je suis le petit frère dans le vestiaire», poursuit sereinement celui qui n'est pas le dernier à y mettre une bonne ambiance.
Seul bémol dans sa saison, sa blessure en Coupe de la ligue face aux Girondins de Bordeaux (16ème de finale, 26 octobre). « Sur un coup, le petit doigt de pied (cinquième métatarse) a craqué. J'étais un peu dégoûté sur le moment mais c'est le football, il faut savoir accepter les blessures. J'ai donc subi une opération, on m'a mis une vis dans le pied mais je ne me suis pas trop pris la tête avec ça… » Comme sur le terrain, Cheick Traoré connaît une convalescence à vitesse grand V. Des trois mois prévus initialement, son absence ne sera que de deux mois. « J'ai dû louper pas loin de 10 matchs. » Huit précisément en comptant deux tours de Coupe de France (7ème et 8ème tour).
À la reprise, fin décembre, Cheick est déjà sur le pont et participe au stage organisé par le staff technique à l'institut du football régional (IFR). «Ce stage nous a fait du bien, assure le joueur. Ça nous a permis de nous dire les choses. Avant, on se mettait un peu de trop de pression individuellement. On venait de connaître une méforme sur six ou sept matchs et si on veut monter, il faut gagner. C'est vrai que depuis la reprise, ça va beaucoup mieux mais il ne faut pas s'enflammer. Nous allons à Belfort (mardi 7 mars) puis à Sedan (samedi 11 mars), ce sera très difficile car ce sont des équipes qui jouent le maintien. Il ne faut surtout pas se dire que c'est gagné d'avance. Sur le terrain, c'est toujours l'équipe qui a le plus envie qui s'impose. »
Si Cheick Traoré pense avant tout collectif, il a néanmoins conscience des progrès qui lui restent à faire. «Je dois progresser dans plein de domaines: au niveau technique, dans mon placement et ma gestion des efforts. Dans le foot, on peut toujours s'améliorer! », lance-t-il comme un cri du cœur. Si Cheick Traoré n'est pas encore un footballeur accompli, il en prend le chemin et son abnégation peut le faire avancer à vitesse grand V.
C'est le nombre de matchs disputés par Cheick Traoré en championnat depuis le début de la saison. Il a en tout figuré à quinze reprises dans le groupe retenu par Michel Estevan mais n'est pas entré en jeu à Béziers (0-1, 28 octobre) et était suspendu pour le déplacement à Bastia (2-0, 2 septembre). Indisponible durant deux mois suite à sa blessure face à Bordeaux en 16ème de la Coupe de la Ligue (0-2, 26 octobre), il a été éloigné six journées des terrains, période durant laquelle la Berrichonne n'a pas gagné un seul match, concédant deux défaites (Dunkerque et Épinal) et quatre nuls (Chambly, Concarneau, Pau et Lyon Duchère). Hasard ou pas, Cheick Traoré a finalement participé aux dix victoires de la Berrichonne même s'il n'est pas entré en jeu à Béziers (66,7%). Il n'est par ailleurs impliqué que sur quatre nuls (26,6%) et une seule défaite (6,7%), c'était à domicile face à Quevilly/Rouen (0-3, 12 août). De là à dire qu'il y a une cause à effet sur la présence ou non du latéral droit de la Berrichonne, on vous laisse seul juge.

Pierre-Yves ROCHCONGAR
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