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lundi 13 février 2017

Afin que nul n'oublie : Lassine Soumaoro, le gladiateur !

Lassine Soumaoro (Stade malien)
Lors de la saison 1974-1975, la classe biberon du Stade Malien de Bamako est mis au-devant de la scène, à la faveur du départ des cadres de l’équipe vers l’Europe et du décès de Mamadou Traoré dit Bardon. Les regrettés Charles Jondot et Ben Oumar Sy, lancent dans le bain des jeunes comme Djofolo Traoré, Adou Kanté, Lassine Soumaoro…
Ce dernier après avoir assisté au duel épique contre le Djoliba en finale de coupe du Mali 1975, s’est promis de donner tout ce qu’il peut à ce club. Le Stade Malien s’incline 1-0. Vif et prompt dans ses interventions, Lassine gagne ses galons de titulaires comme stoppeur au sein de l’équipe fanion du Stade et décroche même une place en équipe nationale. En 1977, il est de l’expédition gagnante de Bissau où le Mali remporte le tournoi de la zone 2 (ancêtre du tournoi Cabral). La même année, toujours contre le Djoliba AC, il perd de peu en demi-finale de coupe du Mali 1-0. Ce n’est que partie remise selon lui.
Deux ans plus tard, le Stade Malien rencontre de nouveau le Djoliba en finale de coupe du Mali. Lassine et les siens s’inclinent 3-1 dans les prolongations. Juste après ce match, les dirigeants du Stade contactent Feu Mamadou Keïta «Capi». Ce dernier, donne trois ans au Stade Malien pour avoir une équipe compétitive. Lassine Soumaoro, Feu Issa Bagayoko et Modibo Doumbia dit Modibo Dix, font figure d’anciens et encadrent les jeunes comme Seydou Diarra Platini, Yacouba Traoré «Yaba», Dramane Sinaly Traoré Faras…En 1981, il joue le tournoi Cabral à Bamako.
En finale face à la Guinée Conakry de Papa Camara, Moussa Camara, Abdoulaye Keïta «Banks», il perd aux tirs aux buts. Malgré l’insistance du coach soviétique Nikolaï Golovko, ce jour, il refuse de tirer le dernier penalty du Mali, laissant ainsi à Fagnery Diarra le soin de s’en exécuter. En 1982, le Stade remporte Dame coupe du Mali qui la fuyait depuis neuf ans. La même année, Lassine qui s’est bonifié au fil des années joue la demi-finale de la coupe UFOA contre le Sekondi Hasacas du Ghana qui comptait en son sein huit champions d’Afrique des nations. Véritable gladiateur, même lors des entraînements, il se blesse en 1983 à la veille du match retour contre le Maroc (éliminatoires CAN 84). Il est alors remplacé par Bakary Diakité.

Lassine Soumaoro
Alors que tout le monde le disait épuisé, il rebondit en 1984 et rate de peu le triplé avec le Stade Malien de Bamako. Le Stade remporte en effet cette année, le championnat et la coupe du Mali et échoue en finale de coupe UFOA face au New Nigerian Bank de Stephen Keshi, Henry Nwosu, Edobor Humphrey…Le capitaine courage qui poussait ses coéquipiers de la voix et du geste, tire sa révérence en 1987 après avoir remporté les coupes du Mali 1985 et 1986. Ce comptable à l’OPAM, gardait toujours sa forme d’antan même après sa retraite sportive.
Lassine véritable combattant devant l’éternel, s’en est allé le 13 Février 2002 à l’Hôpital du Point G, non sans avoir livré à la maladie un combat de gladiateurs, comme il savait le faire sur les terrains au Mali et en Afrique. Ironie du sort, Lassine est mort le lendemain de finale de la CAN 2002, une coupe qu’il n’a jamais jouée. Dors en paix «le chevalier sans peur et sans reproches » comme l’a surnommé un de nos confrères le lendemain de son décès. «À Dieu nous appartenons et à lui nous retournons».

Mohamed SOUMARÉ, Consultant sportif
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