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mercredi 9 septembre 2015

Mauritanie : Attention à l’«invasion» des Mourabitounes

Onze Mauritaniens
Après plusieurs décennies de traversée du désert, les Mourabitounes veulent écrire, désormais, de nouvelles pages de l’histoire de leur football. Une bonne organisation, des structures sportives et des investissements à long terme, seraient le secret du foot mauritanien.
Après avoir tenu tête aux Lions Indomptables du Cameroun, lors de la 1ère journée, avant de craquer dans les arrêts de jeu (1-0, 90’+2), la Mauritanie s’est bien relancée à domicile face à l’Afrique du Sud (3-1). Pourtant, cette formation de la Mauritanie, ne partait pas avec la faveur des pronostics, avant cette 2ème journée des éliminatoires de la CAN 2017. Mais comme dit l’adage, «l’appétit vient en mangeant». Les hommes de Corentin Martins, espèrent créer la surprise dans le groupe M, devant le Cameroun, l’Afrique du Sud ou encore la Gambie. «C'est un grand exploit que les joueurs ont réalisé. Ils on fait un match extraordinaire, tant au niveau de l'état d'esprit que dans la qualité de jeu», s'est réjoui le technicien français au micro de RFI. «C'est vrai que les Sud-Africains ont fini à dix mais, malgré tout, c'est une grande victoire. On nous avait prédit des difficultés dans ce groupe de la mort avec le Cameroun et la Gambie aussi. Notre objectif était de prendre au moins un point. On n'a pas beaucoup de vécu à ce niveau, il faut qu'on se serve de ces matches pour grandir. J'étais persuadé qu'on pouvait faire quelque chose. On est tous heureux.»
Lors des éliminatoires de la CAN 2008, la Mauritanie était à deux doigts de se qualifier, terminant 2ème de son groupe derrière l'Égypte, qu'elle a neutralisée à domicile (1-1), et devant le Botswana et le Burundi, qu'elle a battus a Nouakchott, respectivement 4-0 et 2-1. À l’époque, elle avait recruté plusieurs «mercenaires» à l’image de Yoann Langlet, Dominique Gourvil, Antonhy Tavarez ou encore Benyachou Mohamed…
La conquête des binationaux
Mauritanie / Afrique du Sud, éliminatoires CAN 2017
Figurant à la 114ème place au dernier classement FIFA, la Mauritanie n’est plus ce «petit poucet» de l’Afrique de l’Ouest. Après sa qualification au dernier Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) en Afrique du Sud sous l’ère Patrice Neveu, en écartant les Lions locaux du Sénégal (0-1 à Dakar et 2-0 à Nouakchott), la Mauritanie est restée sur sa lancée. La Fédération de football de la République islamique de Mauritanie (FFRIM) a ouvert une vaste campagne de récupération des binationaux. Ainsi, la Mauritanie a réussi à convaincre certains d’entre eux, à l’image d’Adama Bâ (AJ Auxerre), Khassa Camara (Ex-Troyes), Demba Sow (Le Havre), Guidilèye Diallo (Nancy), Oumar Ndiaye (FC Mantois) et Abdoul Bâ (RC Lens). Ce dernier est né à Dakar en 1994 et est considéré comme «un futur joueur phare de Lens» par Jocelyn Blanchard. Par contre, Younousse Sankharé de l’En Avant Guingamp hésite toujours de rejoindre les rangs des Mourabitounes, avec un espoir de jouer avec les Lions du Sénégal, à l’mage d’Amara Baby.
Rehausser le niveau du foot local
Le 12ème Mourabitounes
Pour donner plus de vitalité à son football local, la Mauritanie a construit plusieurs centres de formation sur son territoire, même si la plupart sont informels et gérés par de tierces personnes, qui font avec les moyens du bord. Toutefois, il y a l'Académie Nationale, qui appartient à la FFRIM. Cette Académie a été créée sous l'impulsion du sélectionneur national de l'époque, le français Noël Tosi. C'est d'ailleurs de cette académie que sont sortis Dominique Da Sylva et Ismail Diakité, entre autres…
Et pourtant, le budget annuel de l'État alloué au foot local n'est pas exorbitant, loin de là. Il avoisinerait les 30 millions d'ouguiyas (55 052 005 FCFA). Mais, suffisant pour le bon déroulement d’un championnat mauritanien, qui cherche désormais à se faire une place sur l’échiquier continental.

Par Bréhima DIAKITÉ
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